Mercredi 19 décembre 2007
On devrait dire adieu, mais le mot ne sort
pas. La bouche trop pleine d'espoir, ou d'hypocrisie, le garde bien au fond. A utiliser en cas d’urgence qu’elle
dit.
Les gens ne disent jamais adieu, même quand ils savent que c'est le mot juste.
Adieu c'est être sûr de ne pas se revoir. Mais comment en être sûr? Peut-être qu'on croit tous au hasard. Qu'on se dit qu'il ne faut pas faire de conclusion trop tôt, que la terre est ronde et
que même en partant dans la direction opposée on finira par recroiser ces visages qu'on ne cherche pas forcément à recroiser.
Adieu c'est faire une croix, laisser la vie décider à notre place. Sans se battre pour changer ce qui se passe.
Alors on continue tous avec notre au revoir pas du tout convainquant. Un au revoir qui sonne faux quand on sait qu'il n'est pas vrai. Qu'il n'y aura pas de revoir. Même pas
de Au, ni de A. A quoi ? Pas à demain, ni après demain, ni à aucun jour. Il n’y a rien à dire en fait. A part adieu.
Et puis on ne sait jamais comment faire. On parle un peu pour faire tarder la chute. Des paroles creuses qui sortent pour une dernière fois. On regarde les gens en se disant que ce visage ne fera
plus parti de notre champ de vision.
Et on lance un au revoir. Et puis on part. On hésite un peu à se
retourner pour regarder encore. Une dernière fois. Mais à quoi bon se retourner pour voir des cheveux et un dos qui s’éloignent. A quoi bon capturer une image que l’on oubliera sans doute très
vite. On devrait dire adieu. C’est mieux.
par mai-lan
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2
Madrid le jour, ouvre les yeux sous le soleil. Les rues s'animent, la vie tranquille. Les pavés propres servent de miroir aux sourires des passants.
Chante le violon du musicien ambulant, les cris lents du vendeur de tickets de loterie, les mots incompréhensible des mamies espagnoles, les flashs incessants des touristes
gourmands...
Madrid le jour se réveille toujours.
Fière et belle, Madrid, prête à accueillir quiconque rêve d'amour.
Amour de ces rues chaleureuses, amour de ces gens toujours heureux. Amour de cette ville où on ne se sent jamais seul.
Madrid la nuit, ne s'endort jamais. Les bars servent de lumière. Là oú l'on sert à boire, la vie continue. Les bouteilles sur les trottoirs, restes de retrouvailles entre amis. Des
talons qui claquent pour annoncer que quelque part tout près, il y a une soirée. Madrid respire le soir le parfum des tapas, des bières, des hommes et femmes endimanchés. Madrid le soir danse au
rythme de la musique qui résonne de part et d'autre, Madrid s'époumonne pour montrer que la fête, c'est ici.
par mai-lan
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1
J’invente le cache- nez.
Pas le cache-nez que tout le monde connaît, qui ne porte ce nom qu’à cause des mamies.
Pas cette écharpe, de son vraie nom, qui ne couvre le nez que sous la contrainte de cacher toute la moitié inférieure du visage en même temps... ou qui ne cache en rien le nez
quand on veut annuler la fonction cache- joues.
Moi je veux inventer un vrai cache-nez. Celui qui cache le nez et rien d’autre.
Mais quelle utilité me direz vous ? J’en vois des tas mon cher.
En cas de froid, n’est ce pas la partie première à trahir notre congélation corporelle, en se parant de rouge comme les ivrognes des bandes- dessinées ?
Et quand je suis rouge du nez je ne veux pas qu’on me rie au nez. Il en serait vexé.
C’est qu’il est un peu fier mon nez. Il se pavane aux yeux des autres, bien au centre pour qu’on ne voie que lui. Mais le revers de la gloire c’est bien le ridicule. Et quand un bouton pointe,
mon nez n’est plus crédible.
C’est là qu’intervient le cache-nez.
Et puis il est aussi un peu jaloux mon nez. Il voit les yeux et leurs lunettes, la bouche et ses fossettes, les boucles d’oreilles, les barrettes. Alors lui aussi veut se faire beau.
Un cache-nez ne serait pas de trop.
par mai-lan
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