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 Dieu a dit: 
 
"tu aimeras ton prochain comme toi même",
c'est vrai.
Mais Dieu ou pas, j'ai horreur qu'on me tutoie,
et puis je préfère moi-même,
c'est pas de ma faute.

Pierre Desproges  

penelope
Samedi 5 avril 2008

 

 

Mon expérience Powerplate, je pourrais la résumer en trois mots.

 

1. LE REVE :

 

Ca a commencé avec cet article que j’ai lu dans ce magazine des filles qui rêvent d’être le genre de filles ...que tu vois dans les magazines.

Ils disaient qu’il existe une machine qui te transforme en Virginie Efira quand tu te rapproches plutôt des mensurations de Marianne James, et tout ça sans qu’une goutte de sueur ne vienne mouiller ton tee-shirt trop fashion sport.

Et moi, forcément les mots « tonification musculaire », et « raffermissement » ça m’a fait comme un parfum d’exotisme et je m’imaginais déjà sur les plages de Rio seule avec mon mini string et mon corps, juste de déesse.

 

J’y ai pensé pendant trois semaines. Trois semaines pendant lesquelles j’ai vanté à tout le monde les miracles de l’appareil venu de la planète des bombes sexuelles alors que je ne l’avais même pas essayé. Trois semaines où j’épluchais article après article, témoignages, forums de discussions, et que mon devoir devenait de plus en plus évident : il fallait que je me mette au Powerplate.

Alors ce matin, après avoir fini mon paquet de M&M’s au beurre de cacahuètes, j’ai pris mon téléphone et mon régime en main et fixé un rendez-vous pour une séance d’essai.

La fille au téléphone, qui avait l’air d’être vachement sympa et qui devait sûrement avoir une silhouette digne des magazines que je lis,me dit que je n’ai pas besoin de mettre de baskets puisque le Powerplate se pratique en chaussettes.

Ouf, j’ai perdu mes baskets depuis la dernière fois où je les ai utilisé… Il y a quelques années.

 

Rendez vous pris pour 18H00.

Parce que j’aimerais faire une sieste avant d’aller au sport.

 

2. LA MOTIVATION:

 

J’arrive devant l’institut et surprise à l’accueil : un mec super trop canon me dit de me changer pendant qu’il prépare ma machine. Et je comprend donc que ça va être lui mon coach.

Oui parce que le must du Powerplate, c’est le coach personnel qui va avec.
Et quand il est plutôt joli garçon tu te demandes si il est compris dans le pack quand tu t’achètes une machine à domicile.

 

Cerise sur le gateau, le coach a un prénom tout droit venu du Brésil, et ça rend le rêve encore plus proche. En plus, il est super sympa, il te fait des petites blagues, il te dit que tu portes le parfum de son ex, et il prend même pas un air dégoûté quand il te regarde rouge et sans souffle en train d’essayer d’avoir une allure pas trop effrayante sur la plaque vibrante du Powerplate. Le mec idéal, quoi.

 

J’essaye de parler un peu, mais la plaque vibrante fait trembler ma voix et ça en devient incompréhensible. En plus ça m’en fait perdre mon souffle et je fais des grimaces à chaque fois que j’essaie de faire rire Beau Coach.


3. LA DOULEUR :


Programme de la séance : une position par minute pendant 30 minutes.

Je n’aurais jamais imaginé qu’une minute puisse durer aussi longtemps. J’en suis même arrivée à me demander si le chronomètre n’était pas trafiqué.

Niveau sensation, c’est comme faire de la gym en condensé mais avec une décharge électrique continue dans tout le corps.

Au début, c’était plutôt rigolo. Ma peau qui tremblote de partout. Je me disais tiens, ça dynamise ma graisse.

Et puis le mal vient petit à petit. Ca chauffe, ça brûle même, tellement le muscle est surpris par tant de mouvements. J’essaie de faire comme si de rien était. Quelle idiote, le coach me croit vaillante alors il ajoute des difficultés.

Je me découvre des muscles que je ne connaissais pas, et eux aussi ont l’air de se découvrir. C’est dans la douleur qu’ils voient le jour.

Un effort mon petit, bientôt tu seras tout beau et je pourrai t’exhiber en maillot de bain, toute fière.

 


 

A la fin de la séance, je souffle un coup en croyant que c’est fini.

J’ai tellement mal partout et je comprend bien que la douleur va me suivre jusqu’à chez moi. Mais pas le coach, zut.

par mai-lan publié dans : Blabla communauté : Au fil des mots
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Dimanche 16 mars 2008
(Des fois je me prend pour Dieu mais je crois que je me surestime. Ok mettre une jupe en hiver c’est pas du courage mais de la frime. )

 

 

J’ai des courbatures aux bras, aux jambes. Je suis à deux doigts de me prendre pour une vraie  sportive. Sauf quand je me souviens que ma seule activité physique c’est de prendre le métro tous les matins. Après je me dis que c’est cool mon corps travaille sans que je fasse rien. Mais au final j’ai la douleur et pas les muscles.

 

 

 

J’ai ma tête qui veut battre un record de percussions, on dirait qu’elle n’a que la grosse caisse à portée de main. Elle cogne fort fort pour montrer qu’elle est là, elle confond la musique et les travaux. J’ai un marteau piqueur dans le cerveau. Et je m’entends même plus penser, quand j’essaie de penser. Des fois.

 

 

 

J’ai les yeux qui veulent faire des étincelles, sûrement pour être revolver comme la chanson de Marc Lavoine. Mais j’arrive à tuer personne c’est bien dommage. Mon regard ne brûle que moi alors je le ferme. A quoi bon draguer les jolis avec mes yeux rouges, ça fait fuir les hommes la grippe. Enfin, c’est que ce je me dis.

 

 

 

J’ai le nez qui rêve de célébrité, il veut se faire remarquer par tout le monde. Il me chatouille pour que j’éternue. Il croit que les « à tes souhaits » c’est une marque de respect. Il se la pète et même qu’il pèle.

 

Au début je trouvais ça chouette de me moucher par kilos, je pensais que ça me ferait maigrir à la fin. Mais quand on m’a dit que c’était des bouts de cerveau, je pense à me faire amputer des narines pour éviter les fuites.

 

 

 

J’ai ma gorge qui veut jouer les imitateurs. Ca commence actrice sexy, ça me donne la voix grave de Virginie Ledoyen. Quand ça devient Jeanne Moreau, j’aime un peu moins. Mais le pire c’est vers la fin:
Moi qui préférerais les intonations de Beatrice Dalle, je me mets à parler comme Joey Starr quand il est calme.

 

 

 

Je suis à moi toute seule une compil de sons bizarres. Quand on m’écoute dormir on croit que je suis dj tous les soirs. Avec les sifflements de mon nez bouché et mes poussées de toux hyper synchronisées, j’ai les armes infaillibles d’un chanteur qui se casse la voix.

 

Mais le public n’applaudit pas.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

par mai-lan publié dans : Je prose communauté : Au fil des mots
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Vendredi 29 février 2008
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par mai-lan
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