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 Dieu a dit: 
 
"tu aimeras ton prochain comme toi même",
c'est vrai.
Mais Dieu ou pas, j'ai horreur qu'on me tutoie,
et puis je préfère moi-même,
c'est pas de ma faute.

Pierre Desproges  

penelope
Dimanche 30 décembre 2007

Faut croire que les hommes aiment les phrases qui sonnent. Mais quand on ouvre la porte, il n’y a plus personne. Quelle publicité mensongère. Vous vous croyez tout puissants parce qu’on ne dit rien. Vous nous faites mâcher en silence votre baratin.

 

Mais détrompez-vous espèce ennemie, notre silence n’est pas crédulité mais résignation :

 

car la puissance n’est pas souvent aussi grande que votre tour d’illusion...

 

 

 

La vérité a rendu ses armes dans vos bouches.

 

Vous vomissez des mots qui ne sont que des attrapes mouches. Et nous, pauvres idiotes attirées par la merde, on parfume de nos rêves vos promesses au rabais.

 

 

 

Monsieur a l’attirail du parfait gentleman. Monsieur sait te dire tout ce que tu veux entendre. Il joue au Ken à barbe pour te mener en bateau. Et toi dans ses filets, t’arrives à le trouver beau.

 

Et Monsieur son copain, a la même technique. Et Monsieur le nouveau n’en est pas loin non plus. 
Tu te rends compte à la fin, qu’aucun n’est mieux que l’autre. 
Ils ont tous le même venin au bout de la langue. Ces marchands de poissons qui savent si bien se vendre.

 

 

par mai-lan publié dans : Je prose communauté : Au fil des mots
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Samedi 22 décembre 2007


J’ai rencard avec le Père Noël.

 

 
Personne ne me croit. On me dit qu’il n’existe pas, et que j’attends pour rien. Quels jaloux les gens des fois. Sous prétexte qu’ils ne l’ont pas vu, ils ne veulent pas qu’une autre en ait la chance.

 


On me dit aussi qu’il ne viendra pas, et qu’on m’a menti. Que des fois je peux penser que c’est lui, mais qu’en vrai ce sont des autres. Des faux. Mais s’il y a des faux, c’est bien qu’il y a un vrai. C’est comme pour les sacs, si la contrefaçon existe, c’est parce qu’il y a un modèle à imiter.

 


Ça fait 22 ans que je me prépare, et je sais qu’il sera là un jour.
Chaque 25 décembre au matin, je me suis réveillée toute maquillée d’espoir. Pour être belle pour l’accueillir…il ne faudrait pas le décevoir.
Car s’il venait, ce serait pour être mien. Désolé, j’en ai marre de partager.

 

 
Comme chaque année, il n’est pas là quand je me réveille.
Mais je ne lui en veux pas. Trouvez donc un homme qui fait autant de cadeaux et qui n’oublie jamais la date.
Je ne lâcherai pas l’affaire de si tôt.

 

 
Un jour, quand j’étais petite, je l’ai même eu au téléphone. J’ai encore son numéro, mais je n’ose pas l’appeler. Et je n’espère même pas qu’il m’appelle. Je veux juste qu’il entre, sans frapper, comme il l’a toujours fait.

 

Mais que cette fois ci, il décide de rester.

par mai-lan publié dans : Je prose communauté : Au fil des mots
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Mercredi 19 décembre 2007


On devrait dire adieu, mais le mot ne sort pas. La bouche trop pleine d'espoir, ou d'hypocrisie, le garde bien au fond. A utiliser en cas d’urgence qu’elle dit.

 

Les gens ne disent jamais adieu, même quand ils savent que c'est le mot juste.
Adieu c'est être sûr de ne pas se revoir. Mais comment en être sûr? Peut-être qu'on croit tous au hasard. Qu'on se dit qu'il ne faut pas faire de conclusion trop tôt, que la terre est ronde et que même en partant dans la direction opposée on finira par recroiser ces visages qu'on ne cherche pas forcément à recroiser.


Adieu c'est faire une croix, laisser la vie décider à notre place. Sans se battre pour changer ce qui se passe.

Alors on continue tous avec notre au revoir pas du tout convainquant. Un au revoir qui sonne faux quand on sait qu'il n'est pas vrai. Qu'il n'y aura pas de revoir. Même pas de Au, ni de A. A quoi ? Pas à demain, ni après demain, ni à aucun jour. Il n’y a rien à dire en fait. A part adieu.


Et puis on ne sait jamais comment faire. On parle un peu pour faire tarder la chute. Des paroles creuses qui sortent pour une dernière fois. On regarde les gens en se disant que ce visage ne fera plus parti de notre champ de vision.

 

Et on lance un au revoir.  Et puis on part. On hésite un peu à se retourner pour regarder encore. Une dernière fois. Mais à quoi bon se retourner pour voir des cheveux et un dos qui s’éloignent. A quoi bon capturer une image que l’on oubliera sans doute très vite. On devrait dire adieu. C’est mieux.

par mai-lan publié dans : Je prose communauté : Au fil des mots
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