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 Dieu a dit: 
 
"tu aimeras ton prochain comme toi même",
c'est vrai.
Mais Dieu ou pas, j'ai horreur qu'on me tutoie,
et puis je préfère moi-même,
c'est pas de ma faute.

Pierre Desproges  

penelope
Dimanche 11 mai 2008



Sont-elles seules ces filles qui attendent des heures juste pour le voir ?

Elles qui scrutent chaque ombre, le sourire aux lèvres et le cœur déjà prêt. Elles qui viennent admirer leur idole en vrai. Avec leurs déclarations d’amour, elles ne demandent rien d’autre en échange, qu’un regard, un geste, un mot tout au mieux.

Et puis elles reviennent encore, des paillettes plein les yeux.

 

Sont-elles folles ces filles qui crient quand il est là ?

Elles accourent, elles s’affolent, elles hurlent son nom. Elles veulent l’approcher, le toucher, et même lui parler un peu. Pendant quelques secondes, elles veulent attirer ses yeux.

Exister pour lui, autant qu’il occupe leurs rêves. Elles s’accrochent à ses pas, et se pendent à ses lèvres.

 

Sont-elles tristes ces filles qui l’ont érigé roi ?

Car c’est en lui qu’elles placent tout l’objet de leur foi. Elles croient le connaître au travers des journaux, elles espèrent renaître au contact de sa peau. Qu’ont-elles perdu pour se reposer autant sur cet amour éphémère ? Ces filles qui l’adulent, ces filles qui espèrent.

 


Ne sont-elles pas fières ces filles déjà conquises, qui viennent errer dans les rues comme sur une terre promise ? Ne sont-elles pas fortes ces filles qui affrontent la distance et le temps, pour essayer de savourer la magie d’un instant ? Ne sont-elles pas belles, ces groupies qui attendent, elles ont plein d’amour et de l’espoir à revendre?

par mai-lan publié dans : Je prose communauté : Au fil des mots
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Samedi 26 avril 2008

Ils sont loin mes yeux.

Perdus quelque part là bas où tout semble mieux.

Mes yeux qui dévoraient les rues, les gens, le ciel. Mes yeux qui voyaient de l’or quand c’était juste du miel. Pourquoi ne reviennent-ils pas sous le ciel de Paris. C’est beau ici. Aussi.

 

Je me dis ça le matin quand sous mon nez la rue Montorgueil se réveille. Comme j’aime. Je me dis ça, et puis après j’oublie. Je vagabonde dans ma nostalgie. Je m’entretiens cette fausse mélancolie pour me faire croire que je ne viens pas d’ici.

 

Mes yeux ils sont restés là bas pour me rappeler comme j’aimais la ville. Ce pays qui a gardé mes yeux en otage, la seule rançon serait l’oubli.

Paris, je t’aime aussi toi qui m’as vue naître. Mais c’est Madrid que je cherche quand j’ouvre ma fenêtre.

 

Mes yeux m’appellent pour que tout mon corps les suive.

J’ai le cœur coincé entre deux rives.

par mai-lan publié dans : Je prose communauté : L'âme du poète
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Dimanche 16 mars 2008
(Des fois je me prend pour Dieu mais je crois que je me surestime. Ok mettre une jupe en hiver c’est pas du courage mais de la frime. )

 

 

J’ai des courbatures aux bras, aux jambes. Je suis à deux doigts de me prendre pour une vraie  sportive. Sauf quand je me souviens que ma seule activité physique c’est de prendre le métro tous les matins. Après je me dis que c’est cool mon corps travaille sans que je fasse rien. Mais au final j’ai la douleur et pas les muscles.

 

 

 

J’ai ma tête qui veut battre un record de percussions, on dirait qu’elle n’a que la grosse caisse à portée de main. Elle cogne fort fort pour montrer qu’elle est là, elle confond la musique et les travaux. J’ai un marteau piqueur dans le cerveau. Et je m’entends même plus penser, quand j’essaie de penser. Des fois.

 

 

 

J’ai les yeux qui veulent faire des étincelles, sûrement pour être revolver comme la chanson de Marc Lavoine. Mais j’arrive à tuer personne c’est bien dommage. Mon regard ne brûle que moi alors je le ferme. A quoi bon draguer les jolis avec mes yeux rouges, ça fait fuir les hommes la grippe. Enfin, c’est que ce je me dis.

 

 

 

J’ai le nez qui rêve de célébrité, il veut se faire remarquer par tout le monde. Il me chatouille pour que j’éternue. Il croit que les « à tes souhaits » c’est une marque de respect. Il se la pète et même qu’il pèle.

 

Au début je trouvais ça chouette de me moucher par kilos, je pensais que ça me ferait maigrir à la fin. Mais quand on m’a dit que c’était des bouts de cerveau, je pense à me faire amputer des narines pour éviter les fuites.

 

 

 

J’ai ma gorge qui veut jouer les imitateurs. Ca commence actrice sexy, ça me donne la voix grave de Virginie Ledoyen. Quand ça devient Jeanne Moreau, j’aime un peu moins. Mais le pire c’est vers la fin:
Moi qui préférerais les intonations de Beatrice Dalle, je me mets à parler comme Joey Starr quand il est calme.

 

 

 

Je suis à moi toute seule une compil de sons bizarres. Quand on m’écoute dormir on croit que je suis dj tous les soirs. Avec les sifflements de mon nez bouché et mes poussées de toux hyper synchronisées, j’ai les armes infaillibles d’un chanteur qui se casse la voix.

 

Mais le public n’applaudit pas.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

par mai-lan publié dans : Je prose communauté : Au fil des mots
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