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 Dieu a dit: 
 
"tu aimeras ton prochain comme toi même",
c'est vrai.
Mais Dieu ou pas, j'ai horreur qu'on me tutoie,
et puis je préfère moi-même,
c'est pas de ma faute.

Pierre Desproges  

penelope
Mardi 4 décembre 2007
 

J’invente le cache- nez.

 

 

 

Pas le cache-nez que tout le monde connaît, qui ne porte ce nom qu’à cause des mamies. 
Pas cette écharpe, de son vraie nom, qui ne couvre le nez que sous la contrainte de cacher toute la moitié inférieure du visage en même temps... ou qui ne cache en rien le nez quand on veut annuler la fonction cache- joues.

 

 

 

Moi je veux inventer un vrai cache-nez. Celui qui cache le nez et rien d’autre. 
Mais quelle utilité me direz vous ? J’en vois des tas mon cher.

 

En cas de froid, n’est ce pas la partie première à trahir notre congélation corporelle, en se parant de rouge comme les ivrognes des bandes- dessinées ? 
Et quand je suis rouge du nez je ne veux pas qu’on me rie au nez. Il en serait vexé.

 

C’est qu’il est un peu fier mon nez. Il se pavane aux yeux des autres, bien au centre pour qu’on ne voie que lui. Mais le revers de la gloire c’est bien le ridicule. Et quand un bouton pointe, mon nez n’est plus crédible. 
C’est là qu’intervient le cache-nez.

 

Et puis il est aussi un peu jaloux mon nez. Il voit les yeux et leurs lunettes, la bouche et ses fossettes, les boucles d’oreilles, les barrettes. Alors lui aussi veut se faire beau. 

Un cache-nez ne serait pas de trop.

par mai-lan publié dans : J'invente communauté : Au fil des mots
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Dimanche 2 décembre 2007
Je voudrais inventer des post-it faciaux:

Des post-it à coller sur son propre visage pour annoncer la couleur à nos interlocuteurs. Idéal pour ne pas avoir à parler quand on n’en a pas envie du tout. Exquis pour voir l’expression de ceux qui nous interpellent, changer au gré des mots qui ornent notre front.

Quand par exemple, leurs bouches se ferment, car bien appliqués à respecter le «attention humeur massacrante» affiché fièrement entre nos yeux.

 

D’autres fois, un « je suis triste » permettra de susciter la compassion, au cas où notre simple mine de déterré ne suffira pas à signifier le mal-être qui nous pèse, et que, par modestie, on aurait pas osé annoncer clairement notre chagrin.

 

Gribouiller un « embrasse-moi » sur un post-it facial juste avant un rendez-vous éviterait les minutes insoutenables de yeux dans les yeux indécis pendant lesquelles l’être désiré cherche en lui/elle la force et le courage pour venir nous plaquer sa bouche impatiente.

 

Un post-it pour rappeler aux autres notre anniversaire, et que presque spontanément à la lecture de celui-ci, ils nous le souhaitent en nous voyant.

 

 
Des post-it pour dire les choses sans les dire vraiment, et surtout pour prévenir les gens. Ce serait bien non?

par mai-lan publié dans : J'invente communauté : Au fil des mots
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Samedi 1 décembre 2007

Ce serait bien d'inventer un détecteur de fèves pour galettes des rois.

Il y aurait qu'un seul exemplaire, pour moi bien sûr, mais je veux bien le prêter un peu.
Il faudrait qu'il soit petit, discret, pour que pendant les repas de famille, personne ne puisse s'apercevoir de la supercherie. 
Quel rêve d'être reine à chaque fois, comme désignée par le hasard et la chance. Quel délice de découvrir au milieu de la pate d'amande bien chaude, ce morceau de caillou blanc qui me glorifie pour la journée. 
Ensuite l'extraire avec fierté, le sucer comme un trophée, et l'exhiber aux yeux des autres, jaloux, qui n'auraient plus qu'à se forcer de macher leur part jusqu'au bout, avec une hâte qui témoignerait de leur déception. Parce que manger de la galette sans avoir la fève, c'est comme ouvrir un carambar sans avoir l'histoire drôle. On est obligé de finir quand même.
Et la couronne, cerise de ce gâteau sans fruit, comment fait-elle pour être si laide et me ravir à ce point? Ce bout de carton rapidement peint en doré me rend Reine de papier, et pourtant j'exhulte de plaisir à le porter. 

Mais mon royaume se limite aux murs de mon salon, parce qu'il ne faudrait pas créer de nouvelles révolutions.

par mai-lan publié dans : J'invente communauté : Au fil des mots
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